Banques Alimentaires : 33 ans d’action, 2 millions de bénéficiaires

Le 13 mars 1984, sœur Cécile Bigo publient dans le journal La Croix un article intitulé « J’ai faim », appelant les bonnes volontés à imaginer et mettre en place un système de collecte de nourriture destinée à être jetée, pour donner à manger aux démunis. Les associations caritatives L’Armée du Salut, Emmaüs, le Secours catholique, le Centre d’action sociale protestant et l’association L’Entraide d’Auteuil, ne sont pas sourdes à cet appel. Sous l’impulsion de Bernard Dandrel, banquier de profession, elles créent ensemble l’association « Banque Alimentaire de Paris et de l’Île-de-France pour la lutte contre la faim », sur le modèle des Food Banks créées aux Etats-Unis.

Le principe est simple, la mise en œuvre plus complexe : les bénévoles des Banques Alimentaires collectent la nourriture auprès des particuliers, des entreprises et de la grande distribution, et répartissent cette collecte auprès d’associations caritatives et de centres communaux d’action sociale qui se chargent de la distribution aux personnes démunies.

 

Un développement à la mesure de l’augmentation de la pauvreté

Depuis 1984, le réseau des Banques s’est développé pour faire face à la précarité sur l’ensemble du territoire.

Le nombre de Banques Alimentaires est passé de 1 en 1984 à 37 en 1987, 60 en 1993 et 79 en 2017, auxquelles il faut ajouter 23 antennes régionales. C’est désormais l’ensemble du territoire national, y compris les outre-mers, qui est couvert.

8,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (source INSEE septembre 2015), 1 million de personnes en plus en 10 ans.


En 2016, 212 millions de repas ont pu être servis à 2 millions de personnes pauvres grâce aux Banques Alimentaires, soit la moitié de l’aide alimentaire distribuée en France.

Le rôle essentiel des "Gilets orange", les bénévoles des banques alimentaires

Outre 500 salariés permanents dont la moitié en contrats aidés, les Banques Alimentaires reposent essentiellement sur le bénévolat. Elles comptent aujourd’hui plus de 6 000 "Gilets orange" qui offrent pour les plus démunis leur temps et leurs compétences.

Le temps qu’ils donnent est variable : chacun en fonction de ses possibilités. Les tâches qu’ils accomplissent sont multiples, exigeant parfois un fort niveau de technicité, afin d’assurer la mission des Banques Alimentaires : collecter la nourriture auprès de diverses sources (la ramasse), la stocker dans des conditions parfaites d’hygiène, la transformer parfois pour la conserver plus longtemps, la répartir auprès des associations caritatives distributrices, former les bénévoles de ces associations, lutter contre le gaspillage alimentaire.

Sans les bénévoles, les "Gilets orange", les Banques Alimentaires ne pourraient pas fonctionner.

 

Des donateurs publics et privés

La contribution de l’Union européenne et de l’Etat représente 23,5% de l’approvisionnement total.

La grande distribution apporte aussi sa contribution en autorisant dans ses magasins des ramasses journalières de produits frais et de produits proches de la date limite de consommation mais encore consommables (39% du total des approvisionnements).

Les Industries agroalimentaires offrent régulièrement des produits avec des défauts d'emballage ou d'étiquetage. Les producteurs et les agriculteurs permettent un approvisionnement en produits frais, en particulier grâce à la politique de retrait. Industriels et producteurs fournissent 25,5% de l’approvisionnement total.

Enfin, les particuliers se mobilisent lors de la collecte nationale de novembre et parfois lors de collectes organisées au printemps selon les besoins des Banques Alimentaires. Leurs dons représentent 12% de la collecte totale.

Pour en savoir plus banquealimentaire.org